Faible inertie des maisons bois : Le poêle de masse, la solution traditionnelle la plus efficace !

Si elles constituent le choix écologique par excellence, les constructions en bois ne sont pas dénuées d’inconvénient pour autant. L’on cite principalement leur faible inertie thermique. Tous les efforts convergent aujourd’hui vers la recherche de moyens efficaces pour pallier cet inconvénient. L’une des solutions qui viennent d’être mises à la lumière du jour récemment est le poêle de masse. Une solution traditionnelle qui pourrait très bien améliorer l’inertie thermique des maisons en bois.

Historique

Le poêle de masse, qu’on appelle aussi poêle à accumulation, n’est pas un produit récent. L’on peut dire que ce principe de chauffage date même de la nuit des temps avec l’hypocauste, l’ancêtre du chauffage central. Ce système de chauffage était déjà utilisé par les Grecs à l’Antiquité. Toutefois, ce sont les Romains qui en ont fait usage de manière intensive pour chauffer leurs thermes. Dans ce type de chauffage, un tunnel-labyrinthe est construit sous le plancher et dans les murs pour permettre à la chaleur produite dans une pièce extérieure de circuler dans toutes les pièces. Plus tard, d’autres systèmes ont fait leur apparition pour ne citer que les poêles autrichiens, suédois, russes, etc. C’est vers les années 80 que les poêles finlandais et danois ont vu le jour.

Définition du poêle de masse

Le poêle de masse est un dispositif de chauffage qui fonctionne suivant le principe du poêle à inertie. Il est formé par un corps réalisé avec des matériaux lourds tels que le béton, la brique ou la pierre. Le but est de pouvoir stocker la chaleur procurée par une flambée de courte durée, environ 2 h, afin de la restituer plus tard de manière régulière et progressive. La durée de restitution peut aller jusqu’à 24h. Plus la masse du poêle est élevée, moins nombreuses seront les flambées. Le poêle de masse fait appel au principe de la post-combustion pour optimiser l’efficacité de chaque flambée. L’idée est d’arriver à la combustion complète des gaz en créant deux chambres. Pour qu’il y ait une combustion dans la deuxième chambre, il faut que la température de l’air chaud produit dans la première chambre soit maximum, à peu près de l’ordre de 600°C. Pour cela, il faut que le combustible soit sec et qu’on apporte un complément d’oxygène. Hormis ses performances au chauffage, le poêle de masse est aussi un système écologique. En effet, grâce au double combustion ou combustion complète, il est très peu polluant et moins nocif. Il reste très peu de dégagement de monoxyde de carbone et de cendres. Un autre avantage de ce type de chauffage est la chaleur confortable et homogène qu’il procure. La propagation de la chaleur se fait par rayonnement.

Différents types de poêle de masse

A cause de ses nombreux avantages, le poêle de masse a connu de nombreuses améliorations au fil des années. Il existe désormais une grande variété de poêles de masse dont les plus connus sont : - Le poêle de masse finlandais : Appelé également poêle de masse à contre-courant, ce système de chauffage se compose d’un foyer principal et d’un goulet d’étranglement qui force les gaz à descendre dans les canaux de fumée. En descendant, les gaz libèrent de la chaleur qui se répartit ensuite dans les murs latéraux. - Le poêle de masse suédois : Il se compose de plusieurs chicanes verticales qui contraignent les gaz à descendre, puis à monter. Les Finlandais se sont inspirés de ce schéma. Mais malgré ceci, le poêle suédois est moins abouti que celui de la Finlande pour la simple raison que les Suédois ont abandonné le bois quand le prix du pétrole a baissé. - Le poêle de masse autrichien : Ce type de chauffage se compose de chicanes horizontales. Sur elles, l’on retrouve de longs bancs chauffants où l’on peut dormir.

Différents types de matériaux

Les matériaux entrant dans la fabrication du poêle de masse sont très variés. L’on retrouve essentiellement les briques simples, les briques de terre crue, les briques réfractaires, l’argile, la terre, la pierre, etc. Les briques réfractaires haute densité sont les plus utilisées, car elles résistent mieux aux chocs de chaleur répétés. En effet, depuis le foyer principal où la température avoisine les 600°C jusqu’aux conduits de fumées descendantes avec une température aux alentours des 1000°C, la chaleur est sans cesse au rendez-vous. Les matériaux de base peuvent être recouverts par un revêtement esthétique ou habillage.

Les composants du poêle de masse

La dalle de départ

Elle doit être suffisamment résistante dans la mesure où elle doit supporter une masse de 1 à 6 tonnes en fonction du modèle de poêle. Elle doit aussi résister à la chaleur. L’on utilise surtout du mortier réfractaire à base de ciment réfractaire et d’adjuvants comme la vermiculite.

Les conduits de fumées

Les fumées redescendent vers la dalle et arrivent à la jonction des conduits de fumées. Leur température est de 100 à 200°C à ce niveau. Un socle y est placé pour recueillir les cendres et organiser l’arrivée de l’air chaud.

Foyer primaire

C’est là que le combustible va être consumé. Il peut être réalisé en brique réfractaire ou en béton de charmotte. Sa taille dépend de la charge de bois qu’on souhaite brûler en une fois.

Foyer secondaire

Ce foyer n’est pas obligatoire. Il est aussi destiné à la combustion.

Conduits latéraux

Ils permettent la descente des fumées vers la base du poêle.

Le banc

Celui-ci se compose de conduits horizontaux maçonnés. Il peut être équipé d’un by-pass qui permet le démarrage à froid du poêle.

L’habillage

L’habillage désigne aussi le revêtement extérieur du poêle de masse. Cette partie ne subit pas les mêmes températures que le cœur du dispositif. A cet effet, ils ne sont pas réalisés avec les mêmes matériaux. Les plus utilisés pour l’habillage sont la brique, le béton en charmotte et la stéatite. Certains constructeurs font même appel à des parpaings en béton aujourd’hui.