Le développement durable est un concept destiné à améliorer la qualité de vie des individus tout en respectant l’environnement. Il apporte ainsi des innovations majeures dans différents domaines, en particulier dans le secteur de la construction. Plusieurs métiers sont donc contraints d’évoluer afin de respecter scrupuleusement les normes établies par le développement durable.

L’évolution attendue au niveau des professionnels de la conception de bâtiment

Les professionnels oeuvrant dans le domaine de la conception de bâtiment sont les premiers à être concernés par l’évolution de leurs compétences afin de faire face aux enjeux instaurés par le développement durable. Les métiers devant se mettre au diapason de ces nouveaux défis sont surtout l’architecte ainsi que le maître d’œuvre, le chargé d’étude, également connu sous la dénomination de technicien ingénieur de bureau d’études et le programmiste, sans oublier l’assistant à la maîtrise d’ouvrage, car la contribution au développement durable débute à la conception même des bâtiments, pour que ces derniers soient confortables, disposent d’une excellente performance énergétique et ne présentent aucun impact sur l’environnement. Le développement durable impose ainsi aux professionnels de la conception de bâtiment le respect des dispositions établies dans les normes et les règlementations environnementales en vigueur, pour ne citer que la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012), les différents labels BBC ou la démarche HQE. Ils doivent par exemple se baser sur l’épaisseur des murs et celle des isolants prévus par ces règlementations afin de concevoir un bâtiment disposant d’un certain niveau de performance énergétique.


Pour cela, ils sont avant tout tenus d’établir un cahier des charges favorisant l’approche globale de la performance énergétique souhaitée tout en respectant les critères environnementaux déjà mis en place. Il est essentiel que ce cahier des charges assure la promotion de l’écoconstruction en incitant les différents intervenants à opter pour des matériaux biosourcés. Il doit également permettre de gérer de manière responsable les déchets d’activités pour un meilleur respect de l’environnement, favoriser la gestion de l’eau et de l’énergie sur les chantiers de construction de manière économe et promouvoir la création d’un environnement intérieur satisfaisant. Pour qu’un bâtiment respecte les démarches écologiques mises en place par le développement durable, il est essentiel que les professionnels de la conception s’assurent que les logiques de résultats préalablement établis soient respectées par tous les intervenants pour que le bâtiment soit performant aussi bien en termes de consommation que de production d’énergie. Enfin, au moment de la livraison, les concepteurs sont tenus d’informer les utilisateurs quant au fonctionnement optimal du bâtiment ainsi que sa performance.

Quid en matière de rénovation, réhabilitation et construction neuve ?

Les professionnels spécialisés dans la construction neuve, la rénovation ainsi que la réhabilitation de bâtiment sont également touchés par les nouvelles règlementations et les nouvelles dispositions imposées par le développement durable. Ces métiers concernent surtout ceux du gros œuvre et de la finition. Comme tous les professionnels intervenant dans le bâtiment, ils doivent respecter les nouvelles règlementations mises en place dans le cadre du développement durable. Les premiers à être obligés de suivre ces nouvelles normes sont bien évidemment le chef de l’entreprise chargé d’assurer la construction, la rénovation ou la réhabilitation du bâtiment concerné ; viennent ensuite les professions touchant à l’encadrement du chantier, entre autres le chef d’équipe, le chef de chantier et le constructeur de travaux.


L’évolution du métier consiste donc à orienter l’organisation de leur travail vers le respect de la démarche de qualité environnementale des bâtiments exigée par le développement durable. Cela concerne entre autres l’ordonnancement des travaux, les règles strictes à respecter en matière de pose, ainsi que la vérification du respect des normes préétablies. Pour faire face aux défis mentionnés par le développement durable, ils doivent également connaître les compétences des autres corps de métiers avec lesquels ils doivent collaborer. Ce nouveau paramètre permettra de déterminer leur champ d’intervention en fonction du travail effectué par les autres intervenants sur le même chantier. Les professionnels dans le domaine de la construction neuve, de la réhabilitation et de la rénovation doivent également maîtriser les spécifications de pose comme la construction du gros œuvre, la mise en place de joints d’étanchéité pour les travaux de menuiserie afin de réduire de manière efficace les ponts thermiques.


Par ailleurs, les professionnels chargés de l’isolation du bâtiment doivent avoir des connaissances précises sur le comportement des isolants et leurs techniques de pose, et maîtriser tout ce qui attrait au phénomène du transfert de vapeur d’eau au niveau des parois du bâtiment. Les professionnels de la construction neuve, de la réhabilitation et de la rénovation de maison doivent également être capables de procéder à un autocontrôle, c’est-à-dire contrôler eux-mêmes le travail accompli dans le cadre d’une démarche de gestion de qualité. Ils sont également tenus de généraliser les informations portant sur la mise en place d’un environnement intérieur satisfaisant en définissant en outre le confort en intérieur, qu’il soit visuel, olfactif, hygrothermique ou acoustique, sans oublier la vérification des qualités sanitaires de l’eau et de l’air en intérieur.

L’équipement, l’amélioration du confort et la maintenance

Les métiers de l’équipement et de l’amélioration du confort en intérieur doivent également évoluer en fonction des défis imposés par le développement durable. À titre de rappel, ces professionnels se chargent de mettre en place tous les équipements techniques du bâtiment après l’achèvement de la construction. Afin de respecter les enjeux et les défis du développement durable, ces professionnels doivent avoir une connaissance détaillée des différents objectifs de résultats qui permettent de finaliser un bâtiment performant respectant les normes environnementales en vigueur. Ils doivent également avoir la capacité d’identifier les contraintes impliquées par leurs tâches, qui peuvent intervenir aussi bien à leur niveau qu’à celui des autres professionnels présents sur le chantier.


Comme tous les métiers du bâtiment, ceux de l’équipement et de l’amélioration du confort doivent également être guidés par l’approche globale de la performance énergétique à atteindre. Il est également essentiel que l’autocontrôle figure parmi leurs obligations. À titre indicatif, le plombier doit être capable de poser des équipements spécifiques et performants. Le chauffagiste devra quant à lui se convertir en thermicien et avoir des connaissances plus précises sur les dispositifs utilisant les énergies renouvelables. Le domoticien sera quant à lui tenu de développer des équipements permettant d’optimiser la consommation énergétique du bâtiment, comme les dispositifs améliorant le confort en intérieur et ceux destinés à assurer la sécurité du bâtiment.


Les professionnels regroupés dans le domaine de la maintenance du bâtiment après sa livraison sont également concernés au premier chef dans le processus du développement durable. Les travaux de maintenance incombent en effet aux électriciens, aux plombiers, aux chauffagistes et aux domoticiens. Afin de respecter les indications du développement durable, ils doivent avoir des compétences avancées en termes dans le domaine de l’électronique et de l’électrotechnique, sans oublier la capacité à analyser les besoins énergétiques du bâtiment.